Google Flux à l’attaque de la construction des bâtiments par Olivier Issautier Ingénieur thermique chez RPE 

Google flux à l’attaque de la construction des bâtiments !

Google augmente sa présence dans le secteur du bâtiment avec sa propre vision du BIM. Après avoir lancé ses objets connectés pour les logements (Gamme Nest), les infrastructures réseau, les outils de recherche de zones d’installations photovoltaïques et de calcul de production (Google Sunroof), les plateformes d’estimation de biens immobiliers (Google Maps for Work)) et les simulateurs de prêts, voici Google Flux.

Pour Dominique Naert, Directeur des Etablissements franciliens du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB)

 « Le géant américain entend s’attaquer au secteur du bâtiment. Cela se comprend lorsque Google estime le marché mondial de la construction à 5.000 milliards de dollars par an, ce qui permettrait à la plateforme Flux de générer 120 milliards de dollars… par an ».

Google Flux c’est quoi ?

La vision de Google Flux est très ambitieuse : une conception en temps record d’un bâtiment qui tienne compte de toutes les contraintes urbanistiques, thermiques, énergétiques, environnementales… arlésienne ou anticipation ?
Pour revenir sur terre, le service de la firme de Mountain View promet de simplifier les échanges de données (le flux) entre plusieurs logiciels : Grasshopper de Rhinocéros, Dynamo d’Autodesk, Excel, Revit, et SketchUp en bêta. A venir AutoCAD et 3DS Max et pourquoi pas le système de Plan 3D Energy développé par RPE.
La première étape consiste donc à faciliter la modélisation des bâtiments… et BIM !

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Google flux : utiliser la big data pour améliorer l’environnement constructif

À partir des données et du design, l’idée est de permettre la construction de milliers d’immeubles plus rapidement qu’aujourd’hui.

Le BIM optimisé : réduire le temps de design et de construction à un cycle de 12 mois: 3 mois pour le design, 1 pour les permis et 8 pour la construction.

Pour ce faire, Google Flux dispose de plusieurs outils :

  • Outil #1: Chaque élément d’un immeuble dispose dans son « ADN » des règles dont il a besoin pour optimiser sa construction. Par exemple il a besoin de fenêtres orientées à l’ouest pour réduire le gain de chaleur de fin de journée.
    L’inspiration vient de certains cyprès qui prennent une forme différente selon l’endroit où ils sont plantés, les vents prédominants et l’environnement.
  • Outil #2: Le logiciel permet d’organiser les datas, comme un algorithme de faisabilité qui, une fois un site identifié, permet instantanément de délivrer des données concernant les autorisations de construction, les programmes de construction, leurs performances, les possibilités de louer et le budget global.

L’outil intègre aussi des données sur les lots avoisinants et la végétation.

En outre, le processus est rendu transparent afin que chacun puisse savoir d’où viennent les données utilisées. L’idée est de démocratiser des informations spécifiques au monde de l’industrie comme le zonage ou les modèles de construction.

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Les origines du projet Google flux

Google Flux a été initié fin 2010 et officiellement lancé en 2012. Il est un des nombreux projets de Google [x] (anciennement Google X Lab) , le laboratoire de recherche de Google , avec pour mission de répondre à deux défis mondiaux : le changement climatique et de logement abordable pour la population urbanisée .

Le projet est financé par Surbana Jurong, DFJ, Borealis Ventures, Obvious Ventures, South Park Ventures, Andreessen Horowitz et Google Ventures.

Les ingénieurs de Google X avaient nommé leur invention Génie. Génie était une plateforme intégrant des plannings en ligne pour aider les architectes et les ingénieurs dans le processus de design, particulièrement pour les gratte-ciels. Génie standardise et automatise les processus de design et de construction avec des options de design illimitées, permettant à l’architecte de préserver l’unicité de la construction au sein de l’environnement bâti.

Google X a estimé que Génie pourrait économiser 30 à 50% en réduisant les coûts de construction et en diminuant le temps de construction de 30 à 60%. L’équipe de Génie a estimé que sa plateforme avait un potentiel de 120 milliards de $ par an pour Google. Ainsi est né Google Flux.

Google Flux, dont vous pouvez retrouver le site officiel en cliquant ici, estime être en mesure d’adresser la croissance de la population urbaine.
La population urbaine va progresser de 3,3 milliards de personnes dans les 35 prochaines années. Cela doublerait la population urbaine actuelle et nécessiterait plusieurs dizaines de millions d’immeubles d’habitation d’ici 2050.

La réflexion conduit Google Flux à élaborer des plans de construction à partir d’une page vierge, ou plutôt à semer de nouvelles graines qui pousseraient telles que mère Nature l’aurait fait. À partir de graines qui prendraient des formes différentes selon l’endroit où elles seraient plantées.

On dit que dans le futur, il n’y aura que deux types de métiers : ceux qui programment les ordinateurs et ceux qui reçoivent leurs ordres des ordinateurs. 

De quel côté serez-vous ?

 

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