e-commerce : un mystère pour les artisans et TPE du BTP, étude et analyse de Philippe Dresto de l’ONTS BTP

E-commerce : un mystère pour les artisans et TPE du BTP

Commerce en ligne, vente en ligne, cyber commerce, e-commerce… autant de dénomination pour parler de la même chose : une nouvelle manière de vendre qui est apparue grâce à la massification de l’usage d’Internet. De nombreux secteurs ont déjà basculé, qu’en est-il du bâtiment et de ses acteurs ? Voici mon étude sur la situation du e-commerce et des usages d’internet par les artisans du BTP.

Artisan du bâtiment: vous avez dit internet…e-commerce !?

Kayac, Booking, Tripadvisor, Skyscanner, Opodo, Expedia… le monde du voyage a certainement un des premiers secteurs à basculer dans la dynamique du e-commerce. Que se cache-t-il derrière cette mutation. La Fevad a publié les statistiques 2015 du commerce électronique et ces données sont édifiantes !

Tout d’abord pour qu’il y ait e-commerce, il faut qu’il y ait réseau. En France, l’accès au réseau est robuste et assuré. En effet, 99% des entreprises disposent d’une connexion haut débit et le pays compte 80 millions de cartes SIM actives, soit près de 2 cartes en moyenne par utilisateurs. Au final le résultat ne se fait pas attendre et 68% des individus utilisent Internet pour se renseigner sur des produits et services. Les habitudes de consommation se modifient.

J’en veux pour preuve les dernières statistiques de vente publiées par la Fevad en 2016 qui indiquent que 73% des internautes ont effectué un achat en ligne sur les 12 derniers mois soit à environ 35,5 millions de français. Ce marché du EB2C représente 64,9 mds d’Euros en 2015, soit 15% du CA des entreprises et pèse pour 112 000 emplois. Ce marché est soutenu par 182 000 sites marchands actifs.

E-commerce : un mystère pour les artisans

Déjà en 2015, une étude publiée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) du Rhône, dévoilée une tendance qui inquiète les professionnels du secteur : l’explosion des achats sur internet et directement par les consommateurs des matériaux de construction. En France, ces acquisitions représenteraient 57 milliards d’euros sur un an. Malgré ces alertes la prise de conscience est peut-être au rendez-vous mais pas le passage à l’offensive digitale.

Seulement la moitié des artisans sont sur internet !

Selon une enquête réalisée par l’Observatoire National du Bâtiment (ONTSBTP), il apparaît qu’un artisan sur deux dispose d’un site web. Ce site a environ 5 ans. Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’un site marchand, mais bien plus d’une vitrine pour l’entreprise. La question du référencement naturel (ou SEO) est clairement posée de fait pour ce type de présence.

Très peu d’artisans ou patrons de TPE ou PME du BTP se sentent armés pour développer leur présence sur internet. et pourtant des formations courtes d’une journée spécialisée BTP pour acquérir les bases sur la visibilité web.

 

Cette population reste à convaincre, d’autant plus lorsque l’on sait que sur les 50% d’artisans ne disposant pas de site web, 75% ne souhaitent pas en développer estimant soit qu’ils n’ont pas le temps, soit que cela ne leur servira à rien.

Du point de vue des achats, il faut dire que cette population est encore très orientée sur les canaux traditionnels. Ces entreprises achètent majoritairement chez les distributeurs professionnels spécialisés ou non et selon des vecteurs récurrents comme le téléphone, le comptoir et le commercial itinérant. Seule une minorité d’artisans place ses commandes par email, EDI, ou internet.

Rejoindre une plateforme : leviers et vertus

Et pourtant, les utilisateurs des sites web des distributeurs sont relativement friands des outils mis à leur disposition sur ces plateformes. Il faut dire que le nombre de plateformes explose actuellement. Site Capeb, Homly You de Saint Gobain, 123 devis , Alliance Pro, Avoir un devis, Best of artisans, Devis Energie,Devis pLus, Devis Presto, Chantier, DevisTravaux, E-Travaux, Esay Devis, Idopops, Keltravo, Meilleur Artisans, Quotatis, Sartofservie, Simple Devis, Tousrenov, travaux.com, travauxlib, Vite un devis, … ces plateformes jalonnent l’environnement des professionnels et proposent de plus en plus de services. La valeur ajoutée de la filière se déplacent vers le Big Data.

Pour une plateforme, les fonctionnalités centrales sont :

  • Bénéficier d’une visibilité à partir de sa fiche contact
  • Disposer directement de contacts clients
  • Disposer d’un espace personnel pour suivre ses prospects et ses chantiers

Pour réussir ces missions, les critères de réussite de la plateforme sont :

  • Une base de données d’entreprises importante
  • Une bonne couverture du territoire
  • Une plateforme simple et efficace : décision du client
  • Une plateforme facile à utiliser par les adhérents
  • Permettre à chaque entreprise d’afficher ses spécificités
  • Une plateforme ouverte avec des fonctionnalités évolutives
  • Des outils de sélection, comparaison…

Et enfin ces outils doivent être « multi devices », c’est à dire utilisables aussi bien sur un ordinateur, une tablette, un smartphone. 16% des consultations web sont passés par un téléphone en 2015.

 

e-commerce : un mystère pour les artisans et TPE du BTP
Note 4.83 Votes 12

Pin It on Pinterest

Shares