Dérégulation du prix des énergies – analyse de Philippe Dresto de L’Observatoire National du Bâtiment

Dérégulation du prix des énergies, déjà 10 ans de choix pour l’électricité et le gaz

Depuis le premier janvier 2016, la déréglementation de l’énergie impacte les copropriétés. L’ouverture à la concurrence du marché de l’énergie a débuté il y a 10 ans. Il crée deux types de profils :

1. Les fidèles aux prix de l’électricité et du gaz aux tarifs réglementés de vente régulés par les pouvoirs publics,
2. Les « aventuriers » qui choisissent de quitter l’opérateur historique et font le choix de souscrire librement à une offre de marché, notamment auprès d’un fournisseur alternatif.

Avec du recul, qu’est-ce qui est le mieux ?

Des tarifs fixés par les pouvoirs publics ou par le marché…

D’un côté, les tarifs réglementés sont fixés et modifiés par les pouvoirs publics. Le tarif réglementé s’applique par défaut si aucun autre contrat n’a été souscrit auparavant. Aujourd’hui la grande majorité des ménages français ont conservé ce tarif qui ne suit pas la loi du marché et de la libre concurrence, mais fixé par le ministère de l’énergie une fois l’an. Ces tarifs sont proposés exclusivement par les opérateurs historiques, essentiellement EDF et ENGIE.

De l’autre, les tarifs de marché sont déterminés librement par la loi de l’offre et de la demande, et l’État n’intervient pas pour les réguler. Les offres de marché sont proposées par une variété de « fournisseurs alternatifs »de gaz et/ou d’électricité. Par ailleurs les opérateurs historiques eux-mêmes, en plus du monopole qu’ils exercent sur les tarifs réglementés, commercialisent leurs propres offres de marché.

Un seul fournisseur alternatif peut tout à fait vous fournir simultanément en électricité et en gaz dans le cadre d’une facture unique ce qui représente un vrai plus pour l’utilisateur. Il peut réaliser des campagnes d’offres promotionnelles spéciales.

Offres de marché : un coût plus faible et une meilleure visibilité

La loi du marché impose aux fournisseurs alternatifs de proposer des conditions plus attractives qu’un abonnement aux tarifs réglementés de vente. Le prix de vente de l’énergie et le coût de l’abonnement, en conséquence, sont durablement moins chers dans le cadre d’une offre de marché. La CRE, dans ses rapports, constate un écart de l’ordre de 5 à 10% entre marché réglementé et prix de marché.

Par ailleurs, une offre de marché peut s’avérer par ailleurs beaucoup plus sécurisante que les tarifs réglementés. Ne effet certains opérateurs proposent des formules à prix « fixe », ce qui permet de geler le coût de l’énergie pendant deux à trois ans, alors même que les tarifs publics pourraient connaître dans le même temps des augmentations imprévisibles.

Finalement, Peu d’avantages à rester fidèle aux tarifs réglementés…

En l’état actuel de la législation et des prix de l’énergie sur le marché, les foyers français ne trouveront que peu d’arguments qui pourraient les inciter à rester fidèles aux tarifs réglementés de vente.

C’est l’absence de contrainte qui pourrait guider le comportement des fidèles : pas la peine de comparer des tarifs, connaissance des opérateurs… cependant le marché s’organise et la comparaison des offres disponibles devient de plus en plus simple avec des outils en ligne.

De plus les formalités de transfert des contrats est simple et gratuit. Et rien n’empêche de faire marche arrière et de retrouver son opérateur historique dans les mêmes conditions (Loi NOME).

Les 3 clefs pour faire le bon choix façe à la dérégulation du prix des énergies

  • Le premier facteur à prendre en compte est l’écart de prix. Attention cependant à prendre en compte votre profil d’utilisateur et de mesure la partie fixe de la partie variable du prix. Un gros consommateur privilégiera le kWh le plus bas, le petit consommateur, le prix de l’abonnement. De plus les fournisseurs historiques proposent des approches heures creuses et heures pleines… ces modalités tarifaires sont bien sur à prendre en compte selon vos habitudes de consommation, alors à vos calculatrices !
  • Ensuite il est nécessaire de prendre soin de regarder les modalités de fixation du prix. Deux grandes familles d’offres co existent : les offres à prix « indexés » et à prix « fixes ». L’indexation est fixé sur le tarif réglementé (TRV). Le prix évolue donc en fonction du TRV et sera toujours situé au-dessous de celui-ci. Le prix fixe, souvent plus défavorable annihile le risque de croissance des prix, mais est souvent moins intéressant en prix de base. C’est la même logique que les taux de prêts bancaires fixe ou variable. Soit je choisis le risque de payer plus cher et je peux vraiment payer moins cher, soit j’opte pour la sécurité et je risque de ne pas bénéficier d’une éventuelle des prix…
  • Enfin, au-delà, du prix, il s’agit de regarder la qualité du service. L’énergie est la base du confort de vie, le seul vecteur financier n’est pas suffisant…

La dérégulation du prix des énergies concerne les tarifs pratiqués pour l’achat de l’électricité et du gaz.

Le tarif de l’électricité comprend le coût de l’abonnement, le prix de la consommation (facturée au kWh), les frais d’accès à l’électricité (c’est le cas pour une première installation ou lors du changement de fournisseur) et les taxes. Ces tarifs peuvent également varier en fonction de l’origine de l’énergie ( source d’énergie renouvelable ou pas), le niveau de tension de raccordement et selon les contrats proposés en fonction de  plages horaires (des tarifs plus bas quand la consommation est plus faible).

Le tarif du gaz est indexé sur celui du pétrole, mais pour les particuliers,  il n’existe pas de prix d’achat unique. Le coût global de la facture gaz se compose d’un abonnement fixe (mais fonction du choix chauffage + cuisson ou cuisson seule), d’un prix du kWh de gaz  variable en fonction de sa consommation et des taxes.

Et n’oublions pas dérégulation du prix des énergies ou pas, … l’énergie est notre avenir, économisons la !

 

Dérégulation du prix des énergies
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