– COP 21 ce qui va changer après l’accord 2015 – Philippe Dresto – Rénovation Plaisir RPE

COP 21, une ambition affirmée, et une filière qui se met en mouvement

La dynamique diplomatique internationale s’est avérée être une vraie réussite lors de la dernière conférence des parties (COP) qui s’est tenue à Paris. Un consensus a été trouvé et l’ambition affichée est même aller au-delà des objectifs actuels, puisqu’il s’agit non plus de limiter le réchauffement climatique de 2 degrés, mais maintenant de 1.5 degrés d’ici 2050.

La France présente un profil relativement moteur sur le sujet et tout particulièrement en matière de rénovation énergétique. La Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) constitue un levier d’évolution, et c’est tout particulièrement, au-delà du seul marché neuf, le segment de la rénovation qui est le plus générateur d’activité complémentaire. Face à ce contexte favorable, les filières se sont organisées autour de concepts transverses comme la qualification, l’approche globale, l’apport de services, au travers notamment de la formation. L’ensemble de ces démarches, pour les fabricants, comme pour les distributeurs a pour objectif de fidéliser les clients et de démultiplier les leviers de marché.

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Dynamiques de marché

La réalité effective du marché de la rénovation énergétique est encore actuellement difficilement chiffrable tant il est diffus et dépendant de fait de corps d’état complémentaire.

Il est réel, dans le sens qu’il est sensible et tangible, notamment par exemple du fait de développement de marché, comme celui de l’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE). Sur ce seul segment les statistiques sur le parc existant laissent augurer un potentiel considérable de m² à (mieux) isoler. C’est donc une réalité économique. Cependant il est nécessaire d’intégrer le facteur de la temporalité et envisager la réalité, non pas seulement à court terme, mais bien sur les 20 prochaines années.

Du point de vue des dynamiques de marché, il est à constater des écarts d’un secteur de marché à l’autre. Actuellement, c’est le secteur du résidentiel collectif qui tire particulièrement le marché, notamment sous l’impulsion des bailleurs sociaux. Ce sont tout particulièrement les solutions d’isolation qui sont plébiscitées, ce qui apporte de fait une dynamique au marketing isolation, le volume de marché permettant une montée en gamme dans les solutions produit. Ainsi le mix de solutions techniques mises en œuvre au travers de produits complémentaires permet à la filière de progresser.

La réalité du marché prend également un autre visage au travers de la complémentarité entre marché. En effet, un chantier monolot peut permettre de générer l’émergence d’autres travaux. C’est notamment à l’occasion de travaux d’embellissement que certains chantiers d’isolation apparaissent comme intéressants à mettre en œuvre, alors que sans ce stimulus, ils n’auraient pas été déclenchés. L’existence d’un budget travaux permet, en optimisant les enveloppes financières de proposer des travaux complémentaires, d’enclencher des travaux augmentant l’efficacité global du chantier.

Sur ces marchés de substitution, un frein à l’émergence du marché est l’existence d’entreprise d’exécution compétente. Ces marchés nécessitent d’adapter les méthodes de travail et dans ce sens, c’est l’ensemble de la filière qui doit être mobilisé. Il est notamment de la responsabilité des BET d’intervenir, et donc aux professionnels du bâtiment d’avoir le réflexe de proposer un audit initial… et donc de changer leurs habitudes traditionnelles de travail.

Les leviers d’émergence du marché

Il s’agit finalement d’un besoin de rationalisation de l’organisation du marché. Celle-ci repose sur des principes simples :

  • Le marché doit rester compréhensible, lisible, donc simple à appréhender
  • Les chantiers de rénovation énergétiques prendront tout leur sens avec le renchérissement des prix de l’énergie, l’objectif est de les envisager dès aujourd’hui
  • Ce seul levier n’étant pas aujourd’hui une réalité suffisante, l’autorité « organisatrice » doit fournir des lignes directrices en matière de réglementation et d’incitation : celles-ci doivent être connues et comprises
  • Le levier de la rentabilité ne doit pas être le seul à être pris en compte dans le choix des travaux, le confort constitue un levier à part entière
  • Les travaux de rénovation énergétique doivent trouver une réalité dans la valorisation du patrimoine (c’est entre autre le sens des étiquettes énergétiques, le poids du foncier demeurant cependant encore trop prégnant)
  • Enfin le levier de la précarité constitue un segment de marché à part, pour lequel les actions mises en œuvre doivent être contrôlées et leurs performances mesurées

C’est sur l’ensemble de ces domaines que les attentes sont identifiables. L’ensemble de la filière est acteur de leur mise en œuvre, y compris en amont les fabricants et distributeurs. Le marché de rénovation énergétique tend à s’accélérer et la performance énergétique devient un critère de choix de travaux, alors qu’il étant encore totalement absent en 2010. Le rôle de conseil et d’accompagnement pour l’ensemble de ces leviers est une condition de l’émergence durable du marché auprès des donneurs d’ordre diffus.

Le maitre d’ouvrage le grand oublié de la transition énergétique

COP 21 ce qui va changer pour les maitre d’ouvrage ? La première des actions à mettre en place est l’action de communication. Il s’agit de sensibiliser et de faire émerger le besoin. Pour l’heure, il n’existe pas d’offre produit identifiable spécifiquement sur ce segment, il est donc nécessaire de renforcer l’offre existante.

Dans un second temps, la montée en gamme se traduit naturellement par la mise en place d’offre nouvelle et de nouveaux produits. C’est la contrainte qui crée l’offre, les fabricants et la distribution devant s’adapter aux exigences impliquées par la législation et de fait attendues par le marché.

Plusieurs pistes de réflexion sont actuellement en cours pour réintégrer le donneur d’ordre à la chaine de valeurs de la rénovation.

Il s’agit essentiellement d’actions qui privilégient l’accompagnement en vue de faire évoluer les habitudes et le comportement des clients des fabricants et de la distribution. Il s’agit essentiellement d’apporter des services autour des produits pour les professionnels. Les grandes thématiques d’attentes s’organisent autour des principes suivants :

  • Apport d’information claire
  • Proposition de formation directement exploitable
  • Accompagnement sur le terrain
  • Mise à disposition d’outils

 

COP 21 ce qui va changer après l’accord

Après la COP 21 le retour à la réalité risque d’être parfois décevant au simple fait que ce n’est pas parce que l’on déclare un marché qu’il existe économiquement et que son émergence nécessite l’organisation durable d’une filière.

A ce jeu là les acteurs en place doivent effectuer une remise en cause profonde de leurs positionnements et les nouveaux entrants auront tôt fait de le rappeler, la valeur ajoutée de chacun peut vite évoluer…

site gouvernemental sur la COP 21

COP 21 ce qui va changer après l’accord 2015
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